Lundi 27 juillet 2009

La grande surprise d’une enfance campagnarde mise en présence de la ville n’est pas tant la nouveauté matérielle, l’échelle inattendue des bâtiments et des rues, le foisonnement des objets insolites, que le sentiment véhément et tout neuf d’une pression humaine jusque-là jamais ressentie, au milieu de laquelle on se sent brusquement immergé.

Nantes m’a éveillé, que le souvenir de Menin souligne, et dont j’essaierais inutilement de me libérer : je suis resté, vaille que vaille, face à toutes les manifestations de foule, l’enfant collé à la vitre.

Extrait de « La forme d’une ville » de  Julien Gracq




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Mardi 21 juillet 2009



COMPAGNIE CARABOSSE



Créée en 1988, la Compagnie Carabosse (un collectif artistique de 12 personnes) mène un travail de création collective autour du feu et de l’eau.

La démarche consiste en la transformation poétique d’espaces publics en jouant avec l’architecture des lieux qu’il investisse.

Ici le quai Saint-Cyr, sur les berges de la Vilaine a Rennes.


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Dimanche 19 juillet 2009

Je suis toujours en vacances, mais devrais revenir bientôt par ici !

pour le moment, quelques photos prisent pendant les vacances des années précédentes.
Plage de  Biarritz
Les orgues d’Ille sur têt dans les Pyrénées orientales

Le cratère d'un ancien volcan marin effondré au cap Agde
La Camargue
Le cirque de Troumouse dans les Hautes-Pyrénées
Le cirque de Gavarnie dans les Hautes-Pyrénées
Les ocres de Roussillon dans le Luberon.
Colorado provençal de Rustel
Falaise d'Étretat en Normandie
La vallée d'Aoste en Italie
Le port de la Rochelle
Port d’ostréiculture sur l’ile d’Oléron
Dune du pyla à l'entrée sud du bassin d'Arcachon

Le pont du gard
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Dimanche 28 juin 2009

Je le sauve de la peur. Ce n'est pas lui que j'attaquais, c'est, à travers lui, cette résistance qui paralyse les hommes devant l'inconnu.

Si je l'écoute, si je le plains, si je prends au sérieux son aventure, il croira revenir d'un pays de mystère, et c'est du mystère seul que l'on a peur.

Il faut que les hommes soient descendus dans ce puits sombre, et en remontent, et disent qu'ils n'ont rien rencontré.

Il faut que cet homme descende au cœur le plus intime de la nuit, dans son épaisseur, et sans même cette petite lampe de mineur, qui n'éclaire que les mains ou l'aile, mais écarte d'une largeur d'épaules l'inconnu.

Extrait de “Vol de nuit” d'Antoine de Saint-Exupéry 1930

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Lundi 22 juin 2009
L’artiste Céleste Boursier-Mougenot transforme à Nantes une volière en scène musicale
les mandarins qui ces serves des guitares comme perchoirs viennent se poser sur les cordes grâce aux graines de blé placées dessus
ces musiciens d’un nouveau genre, picore, gratte, sautille sur celles-ci et produisent des accords surprenants, plutôt mélodieux dans une atmosphère zen.
Hélas, le jour où je me trouvais à Nantes l’exposition n’était pas encore ouverte au public, alors c’est au travers du grillage que j’ai capturé ces quelques photos.
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Mercredi 17 juin 2009

 Acte III


Lors de mon escale à Saint-Nazaire pendant que je photographiai la BSM, j’ai fait la connaissance du groupe de musique « MAP » (musique avec paroles).

Ils étaient en pleine répétition dans le studio d’enregistrement qui se trouve dans la base même.
Ce jour-là le chanteur n’était pas présent.










Un contact facile et sympathique, ils motorisaient à entrer dans le studio pour faire une série de clichés.

Merci au groupe pour leur accueil et ce bon moment de musique auquel j’ai assisté



 

Si vous voulez les découvrir, aller sur leurs sites ici MAP

Et là Myspace

Un chanteur avec une voix rock et théâtral qui s’accorde bien à la musique rock/sonorités jazzy.

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Vendredi 12 juin 2009
Acte II
La base sous-marine (BSM) de St-Nazaire construite par les Allemands en l'espace de 2 ans servait de lieu d'appareillage des sous-marins allemands. La structure en béton est impressionnante (ex : la toiture fait plus de 2 m d'épaisseur en béton armé !!!) les Américains lors du bombardement ont détruit une grande partie de la ville alors que la BSM est restée intact ! La BSM vaut vraiment le détour, a ne pas louper si vous faite escale a Saint-Nazaire !!! À l'intérieur de cette enceinte bétonnée, vous trouverez l'office du tourisme et des lieux de spectacle et disposition citée sur le poste précédent.
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Mardi 9 juin 2009
Acte I


Photos de la base sous-marine de Saint-Nazaire prise en fin de journée.

Ce haut lieu stratégique de la Seconde Guerre mondiale est désormais un site de rencontre culturel rendu à ses habitants.

Ici quelques liens de ce qui s’y passe a l’intérieur de la base

Escal Atlantic : découverte de l'aventure des paquebots.

VIP : scène de musiques actuelles.

LIFE : grande salle d'art contemporain sous différentes formes (arts plastiques, musiques, architecture, arts de la scène, littérature, cinéma, vidéo, nouveaux médias)

Base Bar : ouvert depuis le mois d'avril de cette année, un nouveau bar qui propose chaque samedi des soirées électroniques

Librairie Gweladenn : l'unique librairie bretonne et celtique de Saint-Nazaire.

                              Source http://www.saintnazaire.net/


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Samedi 6 juin 2009

                           La Maison du passé
Toi qui m’as oubliée aujourd’hui, qui fus mienne
Cependant, viens dans la maison aérienne
Du songe et du passé.
Il y demeure un soir doux au regard lassé.
Les chambres aux plafonds creusés comme les dômes
S’y peuplent de fantômes.
J’y retrouve là-bas des livres oubliés
Les sachets odorants encore et les colliers,
Les choses familières.
Je ne sais quoi de triste obscurcit les lumières
Pourtant… Et dans l’air traîne en funèbre parfum,
Car on attend quelqu’un.
Reviens dans la maison du passé, mon amie !
Cette chambre, qui fut si longtemps endormie,
S’éveillera pour toi.
Et l’on n’y reconnaît que ton ordre, ta loi
Que nul ne contredit et que nul ne transgresse,
Mon maître et ma maîtresse !
Reconnais ton odeur d’ambre mêlé d’iris.
Toute chose dans la demeure de jadis
Porte la chère empreinte…
Le foyer s’est éteint, la lampe s’est éteinte
Dans la chambre sans fleurs où je t’ouvre les bras,
Toi qui ne viendra pas !

Extrait de « La Maison du passé » de Renée Vivien (1908)


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Mardi 2 juin 2009

Le Théâtre de Morlaix est un théâtre à l'italienne, construit en 1888 et entièrement rénové à l'identique au début du XXIème siècle, classé Monument historique en 1998.


                   Le 8 Novembre
J’ai été au théâtre. On y jouait un vaudeville : Filatka, le benêt russe.
J’ai bien ri.
Il y avait encore un autre vaudeville avec des vers très amusants sur les avoués, et tout particulièrement sur un certain registrateur de collège ; des vers assez hardis ; je m’étonnais même que la censure les eut laissé passer.
Quand aux marchants, on disait carrément qu’ils trompaient le peuple et que leurs fils faisaient la noce et s’efforçaient de jouer aux nobles.
Il y avait aussi un couplet fort amusante sur les journalistes : qu’ils aiment à injurier tout le monde et que l’auteur demande au public de prendre sa défense.
Les auteurs, aujourd’hui, écrivent des pièces fort amusantes.
J’aime à aller au théâtre.
Dès qu’il m’arrive d’avoir un sou en poche, impossible de résister : j’y vais.
Mais, parmi nous autres, fonctionnaires, il y a de vrais pourceaux : pour rien au monde ils n’iront au théâtre, ces paysans, à moins qu’on ne leur donne un billet gratuit.
Une actrice chanta fort bien.
Je me souvins de l’autre…ah ! Fichtre ! Rien, rien…silence !

              Extrait  de « Le journal d’un fou » de Nicolas Gogol 1809-1852


 

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Jeudi 28 mai 2009


Mademoiselle,

Je vous fais part de la disparition de notre ami commun Christophe.

J’allais le voir à mon retour de vacances lorsque j’ai appris la nouvelle par le concierge de son immeuble.

Les recherches, pourtant longue et minutieuses, n’ont encore donné aucun résultat, et sa famille craint de plus en plus un suicide. (Pour ma part, je rejette cette hypothèse sans la moindre hésitation.)

J’ai tenu à visiter son appartement.

Le concierge m’a prévenu que ses parents avaient emporté toutes ses affaires, mais il m’a tout de même tendu la clef en retenant des questions que mon air sombre ne l’incitait guère à formuler.

Je suis monté.

J’ai trouvé trois pièces vides, étrangères, ou plus rien ne rappelait sa présence.

J’ai marché jusqu’à la fenêtre de sa chambre, maintenant sans rideaux.

Le bout de rue que j’apercevais me paraissait lui-même différent.

Je devais faire un  effort pour croire à la réalité des moments que nous avions passés là, conversant ou écoutant de la musique des après-midi entiers.

Il adorait Bach, il avait des centaines de disques

Mais vous devez savoir cela, et puis quelle importance

Extrait de « Lettre à Mlle Catherine C… » De René Belletto

 

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Lundi 25 mai 2009
 

On contemplait la mer, on écoutait le vent, on se sentait gagner par l’assoupissement de l’extase.
Quand les yeux sont remplis d’un excès de beauté et de lumière, c’est une volupté de les fermer.

Extrait de « Les Travailleurs de la mer » de Victor Hugo  1866
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Vendredi 22 mai 2009
C'est instinctif, nous recherchons l'approbation.
Mais il faut vous assurer que vos convictions sortent de ce qu'il y a de plus personnel en vous, même si les moutons bêlent et se choquent, même si on vous dit que vous faites fausse route, que c'est maaaal.
C'est Frost qui a dit :
« Dans la forêt, le chemin se sépare en deux, et là, je choisis toujours le moins fréquenté, et chaque fois je constate la différence. » 
« Le Cercle des poètes disparus » de  Tom Schulman, 1989, avec Robin Williams

Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu'elles soient opprimées. Aussi longtemps qu'elles n'ont pas d'élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu'elles sont opprimées.

1984 de George Orwell, écrit en 1948.

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Jeudi 14 mai 2009

À la mémoire de Zulma vierge folle hors barrière et d'un Louis

Elle était riche de vingt ans,
Moi j'étais jeune de vingt francs,
Et nous fîmes bourse commune,
Placée, à fond-perdu, dans une
Infidèle nuit de printemps...

La lune a fait un trou dedans,
Rond comme un écu de cinq francs,
Par où passa notre fortune :
Vingt ans ! vingt francs !... et puis la lune
En monnaie - hélas - les vingt francs
En monnaie aussi les vingt ans !
Toujours de trous en trous de lune,
Et de bourse en bourse commune...
- C'est à peu près même fortune !

- Je la trouvai - bien des printemps,
Bien des vingt ans, bien des vingt francs,
Bien des trous et bien de la lune
Après - Toujours vierge et vingt ans,
Et... colonelle à la Commune !

- Puis après : la chasse aux passants,
Aux vingt sols, et plus aux vingt francs...
Puis après : la fosse commune,
Nuit gratuite sans trou de lune.

Poème de Tristan CORBIERE (1845-1875)  d’origine  Morlaisienne

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Dimanche 10 mai 2009

Chapelle dans les bois

Nous étions là deux enfants blêmes
Devant les grands autels à franges,
Où Sainte Marie et ses anges
Riaient parmi les chrysanthèmes.

Le soir poudrait dans la nef vide ;
Et son rayon à flèche jaune,
Dans sa rigidité d'icone
Effleurait le grand Saint livide.

Nous étions là deux enfants tristes
Buvant la paix du sanctuaire,
Sous la veilleuse mortuaire
Aux vagues reflets d'améthyste.

Nos voix en extase à cette heure
Montaient en rogations blanches,
Comme un angélus des dimanches,
Dans le lointain qui prie et pleure...

Puis nous partions... Je me rappelle !
Les bois dormaient au clair de lune,
Dans la nuit tiède où tintait une
Voix de la petite chapelle...

Emile NELLIGAN (1879-1941)


Côté face


Côté pile


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  • jours-et-nuits
  • : La zygène est un papillon, bien que nocturne il est aussi visible en plein jour !

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